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Antony Barroux : « Faire découvrir la photo au plus grand nombre »Si le nom d'Antony Barroux ne résonnera pas aux oreilles de tous, les amoureux de l'image connaissent déjà bien son site, pixfan. En partageant sa passion, ce tourangeau nous livre sa vision de l'actualité photo et nous fait découvrir de superbes clichés et de nouveaux talents. Inversion des rôles dans cette interview où nous avons également voulu mettre en avant son travail photographique. DarQroom : Il y a peu, pixfan fêtait ses cinq ans. Quel bilan tirez-vous de cette longévité ? Antony Barroux : J'essaie d'amener plus de qualité et d'informations. Au début, c'était plus un bloc-note où je notais ce que je découvrais pour le garder et faire de la veille. C'est devenu un blog photo généraliste qui varie en fonction de l'actualité et de mes envies. Je ne veux pas me spécialiser donc il y a de tout. En tant que lecteur, j'aime quand l'information est variée. J'essaie de trouver la bonne formule. DQR : Quel(s) objectif(s) vous fixez-vous pour la suite ? AB : Améliorer l'écriture. Je ne suis pas un professionnel mais j'aimerais amener un plus au niveau rédactionnel. Avoir un vrai ton. DQR : Gardez-vous des souvenirs forts, des anecdotes de ces 5 ans ? AB : D'abord le travail d'une tourangelle, Dorothy Shoes. Elle est sortie du lot car c'est construit, vraiment pensé. Une vraie claque. Et en 2010, j'ai découvert le travail du photo-reporter et les sujets sur les conflits. Rencontrer et écouter Patrick Chauvel était top. Il y a une dimension impressionnante et du risque dans leur approche. DQR : Les publications de pixfan reposent sur une recherche, une sélection, sans compter la mise en ligne. Comment vous organisez-vous ? AB : On ne peut pas vivre de ça. Je travaille dans l'informatique, le web design entre autres. C'est une thématique connexe donc cela me sert pour pixfan. J'ai découvert la photo après mes débuts en informatique, je n'aimais pas trop ça avant. Dans tout ce que je fais, je suis autodidacte. J'ai fait le blog pour continuer à apprendre. Je bosse donc le soir, de 2 à 3 heures par jour. J'ai appris des méthodes pour gagner du temps et aujourd'hui c'est plus facile. La recherche c'est chronophage, je me fais donc une sorte de planning. Si on ne sait pas où aller, on se perd en recherches sur le Web. DQR : Autodidacte, vous l'êtes aussi en photographie. Comment avez-vous commencé à pratiquer ? AB : Le point de départ, c'est le cinéma. Je suis un grand fan et c'est ce qui m'a fait apprécier la photo. La manière de cadrer n'est pas anodine. Et ce qui m'a fait m'y remettre, c'est la naissance de mon enfant en 2006. C'est le déclencheur. DQR : Et aujourd'hui, comment décririez-vous votre pratique de la photo ? AB : Je suis toujours dans l'apprentissage donc je fais pas mal de choses. Dès que j'ai une occasion, provoquée ou non, je fais des images en travaillant la composition et en construisant de petits reportages. Comme une série. J'ai aussi crée avec un collègue un collectif, Touraine Photos. J'en fais beaucoup quand je me déplace mais le problème, c'est le temps. Il me faut de la liberté d'esprit pour créer. Comme au cinéma, il faut pouvoir être dedans, ne penser qu'à ça. C'est dans ces moments que j'arrive à faire de plus belles images. DQR : Il y a entre autres une série sur le catch, « le choc des gladiateurs », qui témoigne d'une belle créativité et d'une approche originale sur un spectacle peu couvert en France... AB : J'ai eu une accréditation pour ce spectacle à Tours. Je ne connaissais pas plus le catch que cela. J'ai voulu passer les images en noir et blanc pour raconter un histoire, car ce sont de vrais personnages. Au début, il s'agissait juste de faire des photos. Et finalement, pendant l'editing, j'ai voulu orienter en série, avoir quelque chose de cohérent. DQR : Avec pixfan, vous dévorez un volume d'images impressionnant sur l'écran. Quel rapport avez-vous avec la réalité physique d'une image, le tirage ? AB : L'impression, c'est très important. C'est là où la photo naît. Sur écran, c'est bien mais c'est en tant qu'objet qu'on en profite. Elle devient réelle et le reste. DQR : Comment orientez-vous vos recherches d'images ? AB : Cela dépend de l'humeur. C'est le coup de cœur qui joue. Je sens la photo ou pas. Et après je regarde la technique, la composition. Pour certaines, je suis indécis, je fais des allers-retours en les mettant de côté. Mais globalement, c'est un ressenti général et cela va vite. Je surveille pas mal de plateformes avec des groupes à moi, comme sur DarQroom, ou d'autres que je découvre. Sur DarQroom, ce sont des photographes plus auteurs, ils font des recherches. Il y a des démarches. DQR : Avec la démocratisation de la photo depuis l'avènement du numérique, votre « terrain de jeu » est immense. Quel regard portez-vous sur la production actuelle ? AB : Elle est très dynamique. Il y a une vraie profusion d'images. Des sites comme DarQroom permettent un peu de filtrer car il y en a trop sur le Web. Sur pixfan, c'est aussi ce que j'essaie de faire : épargner du temps à ceux qui suivent et aiment la photo. Je joue un rôle de filtre avec un ton éditorial en fonction de ce que j'aime pour faire découvrir la photo au plus grand nombre. Il y a des choses dont je ne parle pas car je n'aime pas trop. Que ce soit des images voire des tendances. Quand c'est trop conceptuel, trop torturé, quand j'ai du mal à rentrer dedans, j'ai du mal à en parler. Il faut que le concept soit lisible et dans l'image, pas autour. Et le cliché doit nous interpeller. DQR : Qu'est ce qui vous touche le plus ? AB : Je reste assez hétéroclite. La photo est un vaste domaine donc je ne m'interdis rien. DQR : Quels sont vos projets ? AB : J'aimerais monter un vrai reportage, une série avec une interaction avec les personnages. Pas un spectacle, plus du social, une démarche qui a du sens. C'est ce qu'il faut dans cette profusion d'images, donner une portée, toucher les gens. Découvrez la galerie d'Antony Barroux et son profil DarQroom.
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Rédigé par La Rédaction le Vendredi 9 Septembre 2011
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