Arles : An 2, jour I


Pour la 42ème fois, les Rencontres de la Photo s'installent en Arles. Non Conforme : c'est le titre de cette édition où se mélangent professionnels et amateurs, argentique et numérique. La photographie a évolué, le public aussi. Cette cuvée 2011 s'annonce passionnante. Bien évidemment, DarQroom est de la fête. Récit d'une première journée.




Il est 18h30 quand nous posons le pied sur le quai de la gare d'Avignon TGV. Nous sommes trois : Thierry Ferey, Pascal Nitkowski et votre serviteur. Le soleil n'inonde pas gaiement le quai de ses rayons.

Non, il cogne.

Mais peu importe, nous sommes en Arles. Arles, la ville de la photo pour deux mois. Des rencontres, des rires et des échanges, des visites et des projections. Des découvertes.

C'est en milieu de soirée que nous arrivons d'un pas fier et ferme - Arles, nous voilà ! - sur la place du Forum, en plein cœur de la ville. Surprise, nous rencontrons Guillaume Binet, grand gaillard dégingandé, photo-reporter et fondateur de l'agence Myop. Nous avions rencontré le bonhomme l'année dernière, en Arles, car nous étions logés à la même adresse. Il dîne avec des amis, nous salue gaiement et nous invite à passer le voir plus tard. L'agence Myop organise une exposition, vernissage pour demain.

Guillaume Binet et Thierry Ferey. Notez le regard genre beau ténébreux que me fait Guillaume...
Guillaume Binet et Thierry Ferey. Notez le regard genre beau ténébreux que me fait Guillaume...

Nous partons vers l’archevêché, à quelques centaines de mètres de là. Une projection y a lieu. Vous me direz, des projections, il n'y a que ça en Arles. Je reconnais bien là votre impertinence et votre sagacité. C'est vrai, vous avez raison, mais voyez-vous, nous sommes allés à celle-ci. Pourquoi ? Parce que ça m'arrange pour la suite de cet article...
Sur la place de l'Archevêché, juste avant notre destination (qui est l'Archevêché en lui-même, je vous le rappelle) se déroule une autre projection. Devant la fontaine, un film est projeté, montrant des paysages et des villes, avec, en guise de fond sonore, du vent et des cloches. Bon, je ne m'attarderais pas sur le côté j'aime ou non. Ce qui attire mon regard, c'est le jeune homme allongé sur l'estrade - seul - et dont les commentaires qu'il égrène d'une voix hasardeuse, prouvent que les cigarettes qu'il fume sont certainement truquées.

Il y a photo à faire, c'est évident. Et puisque vous le demandez gentiment, je vous montre donc le cliché.

Dans l'angle, là, en bas, à gauche, c'est évident, non ? Voilà, c'est lui. Un contre jour, pas de souci de droit d'images. Trop fort...
Dans l'angle, là, en bas, à gauche, c'est évident, non ? Voilà, c'est lui. Un contre jour, pas de souci de droit d'images. Trop fort...

Nous ne nous attarderons pas trop sur la projection de la place de l'Archevêché puisque nous allons voir celle dans l'Archevêché. Vous suivez ? Ceux qui ont compris expliquent aux autres...

Il y a du monde. Quelque deux cent personnes sont assises, la projection commence. Il s'agit de la sélection pour les prix Voies Off 2011. Mille quatre cent candidatures venant de 60 pays pour finalement, 57 sélections. Comme de bien entendu, tous les goûts sont dans la nature et chacun voit midi à sa porte. Mais tout de même...

J'ai aimé les portraits de Samuel Lugassy. C'est simple, c'est beau et, parce que je suis un esprit somme toute basique, j'ai compris. J'ai été secoué, remué par le travail de Carrie Levy. Voire même au bord de la gerbe... Des portraits en noir et blanc de gens figés et raides... Comme si le message de Carrie Levy se résumait à deux mots : "- Bouge. Vis."

Mais là où est le gag... Vous voulez queJ'assiste à la projection du portfolio de Sarah Girard. Je vois un défilé de canapés. Sincèrement, je pense qu'on m'invite à découvrir un catalogue de décoration. Dix minutes plus tard, à la sortie de la projection, les copains et moi, nous commentons ce que nous avons vu. Evidemment, je ne peux pas m'empêcher de parler du travail de Sarah Girard.

"- Je n'ai pas aimé, dis-je. Des canapés, bof..."

Les filles - Nathalie et Géraldine - me regardent, hilares.

"- Tu n'as qu'à lui dire, rétorque avec malice Nathalie, Sarah est là."

Et de pointer du doigt une jolie brune plantée devant moi, qui me regarde d'un drôle d’œil. Bon, pour le championnat du monde de la Gaffe 2011, nul doute que je suis qualifié pour la finale... J'enchaîne, avec courage et brio :

"- En fait, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris... Des photos sur des canapés..."

Je me sens tout petit.

Sarah Girard. Le plus joli sourire de la soirée. Et la plus belle gaffe de ma part.
Sarah Girard. Le plus joli sourire de la soirée. Et la plus belle gaffe de ma part.

La photographe me sourit. Oh, le joli sourire...

"- J'ai oublié de mettre un sous-titre, m'explique-t-elle gentiment. Ce sont des canapés de psychanalystes."

But, yes, of course, tout s'explique. Ce portfolio prend un autre sens. Ce n'est plus un catalogue de décoration, c'est un autre chemin. Que veut nous dire Sarah ? Que les psy ont des canapés de daube ? Qu'elle a beaucoup consulté ? Que le divan est un moyen de se confier ? Les réponses sont dans ce portfolio. Voilà.

Tout de même, je trouve que la jeune femme a été indulgente et généreuse à mon égard. Un dernier - joli - sourire, un léger bye-bye de la main, Sarah s'en va.

Comme convenu, nous partons retrouver Guillaume Binet.

Une surprise de taille nous attend. Oui, mesdames et messieurs, une belle surprise. Comme vous le savez, nous avons démarré un partenariat fort prometteur avec Leica. Si vous ne le savez pas, c'est que vous ne l'avez pas lu. Bon, dernière chance, c'est ici. Alors, voir au bar du Tambourin Thierry Ferey deviser gaiement avec Stéphane Manara, le directeur général de Leica France, vous me pardonnez du peu mais je me lève, je suis au garde à vous et j'enlève mon chapeau.

Miguel Aguilar, store manager Leica à Marseille, Thierry ferey et Stéphane Manara, directeur général de Leica France.
Miguel Aguilar, store manager Leica à Marseille, Thierry ferey et Stéphane Manara, directeur général de Leica France.

Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai la tête qui tourne un peu avec toutes ces pointures. Là, on fait dans la dentelle de professionnel. DarQroom est pris au sérieux. Vous êtes plusieurs centaines d'auteurs à publier régulièrement plusieurs milliers d'images en ligne. Et ce, tous les jours.

C'est un travail de qualité mais surtout, de passion. Vous le savez. Nous le savons.

Maintenant, ils le savent.

Tiens, un SMS... Un nouveau rendez-vous. Aux Ateliers, il y a une très belle fête. Un excellent DJ.

Vous savez quoi ?

Let's go dancing.

Yeah, baby, let's groove tonight...
Yeah, baby, let's groove tonight...

Franchement, c'est bon de danser. Nous ne parlons plus de photographie, même si c'est cette dernière qui nous a tous rassemblé dans cet ancien atelier de la SNCF. Nous prenons un break. Une dernière danse, un dernier moment de détente. Au revoir, les copains. Demain, tout recommencera. Une nouvelle journée, de nouveaux amis et de nouvelles photos.

Demain, c'est aussi la projection de vos photos en géant sur la place Paul Doumer, chez Mimi, personnage unique et patronne de El Nino. Je vous en parlerai demain, ne craigniez rien. Sa gouaille provençale, son vocabulaire et son sourire valent qu'on s'arrête boire une Mauresque - ou autre chose - sur sa terrasse ensoleillée.

Avant de vous quitter, je repense au travail - écœurant, vraiment, mais provoquant forcément des émotions et n'est-ce pas là le but recherché ? - de Carrie Lévy. Je repense également à ce que j'ai pensé en découvrant ses images. Et je vous le répète.

Bougez. Vivez. Et faites des photos.

See you tomorrow.

Rédigé par La Rédaction le Jeudi 7 Juillet 2011







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