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Marc Wildpassion : « Je me réfère beaucoup à la musique »Lauréat de notre appel à candidature « Des papiers à votre image » avec son cliché Katline in Blue, Marc Wildpassion est devenu un féru de la photo de modèle. Une pratique finalement peu répandue sur DarQroom, surtout parmi les amateurs dont le photographe s'est saisi avec originalité. Entretien. DarQroom : Dans votre profil, vous expliquez avoir commencé la photo avec la thématique animalière pour, aujourd'hui, pratiquer le shooting en studio. Quelle trajectoire vous a amené là ? Marc Wildpassion : J'ai démarré la photo avec un Zenit, il y a longtemps. J'ai pratiqué pendant dix ans mais avec l'inconvénient de la pellicule, qui ne donne pas de résultat immédiat, le coût et le manque de temps, j'ai lâché. Avec l'avènement du numérique, j'ai offert un D70 à ma femme et c'est moi qui l'ai squatté ! J'ai ensuite eu l'occasion de voyager en Afrique et pu faire des safaris photo. Cela m'a beaucoup plu et je me suis même équipé pour. Ma femme et ma fille ont découvert cette pratique et c'est devenu une passion familiale que l'on continue. Toutefois, j'aimais bien le portrait et il y a trois ans j'ai décidé de sauter le pas en faisant de la photo de modèles avec la technique strobiste. Avec des professionnels car c'est plus facile pour commencer. Du coup, même en voyage, j'essaie de contacter des gens sur place. Ainsi, Katline in Blue, la photo retenue à votre appel à candidature Hahnemuhle, a été réalisée à Washington. DQR : Cela doit vous demander une logistique importante en déplacement ? MW : Non, j'utilise des colorants ainsi que des flash strobistes, des parapluies et un pied. Tout cela peut voyager sans problème. DQR : C'est avec cette méthode que vous réalisez votre série « Women, water and colors ». Comment l'avez-vous conçue ? MW : Je voulais trouver quelque chose qui change de la photo de modèle traditionnelle. J'avais déjà fait une photo avec du colorant dans l'eau. Les reflets sur la baignoire et la prise de vue de dessus, qui donne une expression originale au modèle, m'avait plu. C'était un essai et nous avons finalement fait une série car le modèle comme moi étions contents du résultat. Tout en se disant qu'on pouvait faire plus. J'avais déjà vu des images de ce genre avec du lait mais cela ne m'attirait pas. Trop plat et parfois, pas toujours de bon goût. Les couleurs peuvent refléter des attitudes et des humeurs. Et en jouant avec l'eau, on peut faire des images très différentes. DQR : D'un essai vous avez donc réussi à créer un ensemble cohérent... MW : J'ai commencé par des portraits rapprochés car il y a des contraintes techniques, de recul notamment. En immergeant les modèles, on peut créer des ambiances sombres que m'inspirent souvent la musique que j'écoute. Cela se voit également dans mes noms d'images comme Wild Roses. Je cherche actuellement d'autres approches, avec du violet et d'autres couleurs, en jouant sur l'attitude des corps dans l'eau, etc. DQR : Vous évoquez le titre de vos images et il est vrai que vous êtes très soucieux de l'editing... MW : L'intérêt d'un titre, son apport à une image est un débat que l'on trouve souvent sur les forums. Un titre ne justifie pas mais ne nuit pas. Cela peut donner un contexte. Et comme je me réfère beaucoup à la musique, cela peut aussi amuser ceux qui reconnaissent l'influence. Mon inspiration vient beaucoup de là, en amont et en aval. DQR: Revenons à votre série « Women, water and colors ». Lorsque nous l'avons découverte, la question du rapport au suicide nous est venue à l'esprit. C'est quelque chose que vous souhaitiez ? MW : Un ami peintre les appelle les noyées. Quand il a dit ça, cela m'a donné envie d'explorer encore plus le côté sombre. J'ai des images encore plus dérangeantes qui ont reçu ce type de commentaires. Moi, ça ne me dérange pas. Les photos sont aussi dépendantes de mon humeur. Avec le modèle Katline et l'eau bleue, on sent la vie. Lorsqu'on est photographe amateur, on a l'avantage de faire ce que l'on veut. Je laisse donc filer, selon les humeurs, les idées, le modèle. L'ambiance avec ce dernier est importante car pendant le shooting, nous sommes très proches. DQR : Que ce soit pour cette série ou vos autres travaux en studio, vous faites la part belle aux modèles féminins. Pour quelle(s) raison(s) ? MW : Je ne suis pas sûr de savoir comment faire même si certains modèles masculins m'inspirent. Je franchirai le pas un jour. Mais j'ai fait d'autres images avec des enfants par exemple mais ce sont ceux de mes amis, donc je ne les montre pas. Et puis j'ai fait des portraits de rue avec des hommes, à la gay pride, avec des gens du cirque... C'est le même plaisir derrière l'objectif. DQR : Dans cette autre production, vous avez notamment des clichés étonnants avec un personnage portant un bocal sur la tête... MW : C'est une troupe de spectacle de rue, les Aquamen, qui se produisait au Parc de Sceaux. Tout le monde allait voir ce personnage et se demandait ce que c'était. J'ai discuté avec eux, les ai questionné et j'ai pu faire des photos, c'était très sympa. Cela me rappelait une pochette de Pink Floyd. L'occasion fait le larron. DQR : Vous avez évoqué des images que vous ne montrez pas. Vous êtes très sélectif sur ce que vous montrez sur DarQroom ? MW : Tout à fait. J'ai un site perso où j'en mets plus, un peu tout. Mais sur DarQroom, le niveau est haut. Quitte à créer un nouveau book, autant le faire avec des images choisies. Quand on poste trop, cela peut nuire et ce, sur toutes les plateformes. On peut perdre le fil. DQR : Le choix de DarQroom, comment cela s'est-il opéré ? MW : Au Salon de la photo 2009 alors que DarQroom n'était pas encore lancé. J'avais eu un flyer sympa, l'approche l'était aussi. Du coup j'ai testé. Cela prend du temps car j'étais déjà actif sur les forums photo. J'ai gardé quelques endroits où je poste encore dont DarQroom. J'aime bien les images, la communauté et les commentaires qui vont au delà du j'aime, j'aime pas. J'apprécie le blog aussi. DQR : Quels sont vos projets à venir ? MW : J'en ai deux, dans deux directions différentes mais je ne les ai pas encore maturées. Quand j'ai une idée, je regarde ce qui a été déjà fait pour ne pas reproduire. Je remplis un carnet de notes que j'essaie d'architecturer. L'un de mes projets est une association de la nature, en fait des légumes, avec des femmes. Ne me demandez pas pourquoi. L'autre idée est plus technique : elle consiste à faire des photos en extérieur au flash avec un environnement de forêt sombre. C'est une envie de lumière avec un décor touffu pour rendre les émotions d'un modèle. C'est donc d'abord une envie technique. Le plus dur, c'est de se lancer dans une série. Il faut se discipliner même s'il y a beaucoup de plaisir. C'est une expérience que je trouve enrichissante. Se structurer force à voir la photo différemment. Retrouvez la galerie de Marc Wildpassion et son profil DarQroom
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Rédigé par La Rédaction le Vendredi 29 Juillet 2011
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