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Sylvain Deshaies : « je vis chaque image »Photos de spectacle, de sport, de paysage ou encore de voyage, Sylvain Deshaies est un professionnel qui travaille sur beaucoup de sujets. Une caractéristique logique lorsque l'on sait que ce Québécois est un artiste touche-à-tout qui pratique aussi bien la musique que la photo ou le dessin. Homme de presse, il sait également bien se servir du Web, un canal important aujourd'hui pour maintenir son activité de freelance. Et pour ne rien gâcher, l'homme est attachant.
DarQroom : Dans votre profil DarQroom, vous évoquez une carrière professionnelle bien remplie dans le milieu de l'image. Pouvez-vous nous détailler votre parcours ?
Sylvain Deshaies : Je suis Québécois d'origine et cela fait 5 ans que je suis en France. J'ai fait des études autour du dessin, de la publicité et du graphisme. J'ai pratiqué tous les métiers ou presque dans la conception graphique et l'édition. J'ai donc toujours travaillé autour de l'image, de la pub à la photolithographie. J'ai beaucoup touché aux photos des autres et j'ai un jour décidé de m'occuper des miennes. DQR : Car vous pratiquiez en parallèle la photo ? SD : Oui, j'en faisais déjà pour le plaisir. C'était une passion. Je suis avant tout un artiste puisque je touche aussi bien à la musique qu'au graphisme. Et c'est ma venue en France qui m'a amené à faire de la photo mon métier grâce à mes contacts avec les groupes de presse canadiens comme Quebecor Media. Je m'attache ainsi à suivre les Québécois qui se produisent en France, que ce soit des humoristes, des chanteurs ou encore des hockeyeurs. La France m'a appelé mais c'est le Québec qui me fait travailler. DQR : Mais d'où vous vient cette fibre photographique ? SD : J'ai toujours eu des appareils photo et je m'en suis beaucoup servi. A l'époque de l'argentique, cela me coutait cher en développement notamment lorsque je voyageais. Et comme j'ai toujours aimé la technologie, j'ai vite abandonné l'argentique pour le numérique. En tant que concepteur et graphiste, ce fut une vraie révélation qui a libéré ma créativité. Et puis on est vite dépassé si l'on n'est pas à jour. DQR : Vous souvenez-vous de votre premier appareil ? SD : C'était un cadeau impromptu de ma mère qui, elle aussi, pratiquait les Arts. J'ai vécu dedans et elle m'a beaucoup inspiré. A l'époque, je dessinais beaucoup et j'aimais déjà la photo. Je fouillais partout pour trouver de vieux clichés et je pouvais les regarder pendant des heures. Elle s'est dit que j'aimais l'image et qu'il me fallait un appareil et m'a donc offert un Instamatic de Kodak. La photo, c'est important car c'est le souvenir, la mémoire... La vidéo, c'est beau mais l'image figée, je trouve ça incroyable. DQR : Aujourd’hui vous êtes photographe freelance et travaillez sur beaucoup de sujets et thèmes différents. S'adapter aux demandes ne doit pas toujours être facile ? SD : Mon métier de base me permet de « sentir » ce dont mes clients ont besoin. Je pense que c'est ma force. Je me mets à leur place. Quand je vais voir un spectacle, j'imagine ce dont j'aurais eu besoin, le cadrage, la mise en page. Il faut savoir se plier aux demandes tout en gardant son côté artistique. DQR : Votre travail est donc très hétéroclite. Mais avez-vous une thématique préférée ? SD : Je différencie les photos que je fais pour moi ou pour le travail. J'ai un cerveau bien scindé en deux pour ça ! Quand je me promène, tout ce qui est beau me plaît, je n'ai pas de thème favori. « Ne tuons pas la beauté du monde » dit une chanson québécoise. J'aime croire que le monde est beau. Quand je vois des images de guerre, le reporter en moi dit « Wow ». Mais ce n'est pas ce que j'aime faire. DQR : Vous faites notamment beaucoup de photos de spectacles... SD : J'adore ça ! J'ai l'impression de partager l'intimité de l'artiste sur scène. Je suis plus proche que n'importe qui, c'est une forme de communion, quelle que soit ma position. J'aime rendre compte des spectacles. Peut-être parce que j'en fais aussi, dans la musique. Et comme je vis chaque image que je prends... DQR: Quand êtes-vous satisfait d'une image ? SD : Si je pars en shooting, je fais beaucoup de clichés. Pour certaines, je suis sûr de moi au premier coup d’œil. Pour d'autres, je dois les laisser dormir et les revoir avec un nouvel œil, comme si ce n'étaient pas les miennes, parfois 6 mois plus tard. C'est l'émotion qui prime, soit à la prise de vue, soit à la retouche. DQR : Vous êtes actif sur la communauté DarQroom avec notamment de nombreuses participations aux concours. C'est quelque chose que vous appréciez particulièrement ? SD : Cela permet de se mesurer aux autres même si c'est aléatoire et subjectif, car les jurés sont humains comme nous. C'est bien de se situer, savoir où on est. Avoir la reconnaissance quand on est bien placé ou lorsqu'on reçoit des louanges, cela fait plaisir même si je ne les cherche pas. Je n'en fais pas tant que ça en dehors de DarQroom. Je participe quasiment à tous vos concours, ils sont plaisants. Au début je voulais me challenger mais maintenant, c'est pour le plaisir. DQR : En dehors de DarQroom, vous avez été retenu pour le concours One Life Photography.... SD : Un ami m'en avait parlé et j'ai trouvé l'idée sympa. C'est le projet d'une vie avec des photos qui seront imprimées dans un livre déposé au sénat américain. Je suis dans le top 25 et cela m'a conforté. Mon thème portait sur la vie dans son ensemble en 15 photos : la naissance, le travail, la vieillesse, la mort...
DQR : Vous êtes également très actif sur le Web avec DarQroom, votre blog, votre compte twitter, etc. C'est un canal que vous semblez apprécier et maîtriser.
SD : Comme je suis Québécois, je n'ai pas vraiment de réseau français. Et pour correspondre avec mes propres connaissances, j'aime bien le service Twitter. Comme il faut peu de mots, il est nécessaire d'être « punchy ». J'aimerais que ce service devienne plus populaire en France ! C'est important d'être vu, diffusé et ces outils forment une manière d'y arriver. Cela m'a aussi amené des contacts et sans réseau, je ne peux pas travailler. DQR : L'impact de ces outils est-il perceptible sur votre activité en France ? SD : Non, pas vraiment. Pourtant je travaille fort. Mais je suis encore en apprentissage pour développer mon réseau ici car j'ai peu de connaissances dans le métier en France. J’œuvre donc toujours avec le Québec avec lequel j'utilise des outils pour que mes clients puissent télécharger des images. C'est peut-être ce qui manque à DarQrooom mais ça ne m'empêche pas d'adorer la plateforme. Les photos sont bien mises en valeur, en grand écran et en HD, protégées par filigrane. Je m'en sers pour montrer mes images à mes clients. DQR : Comment nous avez-vous connu ? SD : C'est le directeur de l'agence de presse canadienne QMI qui me l'a fait connaître. J'avais des photos partout et il m'a demandé pourquoi je n'utilisais pas DarQroom. Au début, je n'étais pas convaincu et puis au Salon de la Photo, j'ai rencontré l'équipe et j'ai tout de suite pris un abonnement Pro ! J'ai gardé quelques autres services mais j'en ai fermé beaucoup. Dernièrement, j'ai commandé un tirage XL pour une cliente au Québec qui avait vu mes images, c'est génial. DQR : Pourquoi ce choix et au delà que pensez-vous de nos tirages photo? SD : Le XL, je l'ai vu dans la newsletter. C'est une bonne offre, abordable alors je me suis dit profitons et essayons. Avec la livraison directe chez le client, j'adore. Et le service client m'a conseillé, c'était vraiment bien. J'ai aussi commandé des Classic Pro, dont des tirages pour une exposition, et j'ai toujours été satisfait. C'est en plus très rapide. Côté Fine Art, j'ai commandé une toile de ma photo de l'escalier du musée du Vatican (voir plus haut) que j'ai dans mon salon. Le résultat est impeccable, c'est de la top qualité. A l'image de DarQroom d'ailleurs pour lequel je n'aurais jamais de mauvais mot. DQR : Quels sont vos futurs projets ? SD : La mairie de Champs-sur-Marne où j'habite m'a mis à disposition une salle pour faire une expo. Ils m'attendent. Mais j'hésite encore entre mon coup de cœur, l'Irlande, et mes images sur les « lumières du monde », des clichés de réverbère. Le premier thème est peut-être un choix trop facile, émotif. Ma passion pour les réverbères, que je ne saurais expliquer, est une idée plus construite. A un moment j'avais arrêté ces prises de vue car cela manquait d'humains mais c'est revenu, je ne peux pas m'en empêcher. Je veux aussi évoluer dans ma photo car j'ai trop un regard de reporter alors que je sais être créatif. J'en ai pris conscience et je veux travailler dessus, comme j'ai commencé à le faire avec mon portfolio sur Sarlat où je joue sur la saturation. Je veux aller au delà de la simple photo, je veux créer des images. J'ai des compétences mais je suis parfois trop carré et je veux faire la différence entre les deux parties de mon cerveau. Retrouvez la galerie de Sylvain Deshaies et son profil DarQroom
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Rédigé par LA REDACTION le Vendredi 29 Avril 2011
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